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Article No. 640
EDITO
De dBase à Google
Sans vouloir le moins du monde être rabâcheur, je me permets de rappeler que le premier système de base de données a été conçu par la NASA dans les années soixante pour la gestion des données du programme lunaire Apollo.
Les infos étaient alors structurées en arborescence, comparables à celles plus communément baptisés répertoires dans nos ordinateurs. Quelle évolution époustouflante a-t-on connu ces quarante dernières années dans ce domaine ! De bases de données hiérarchiques, ces « sources de rangement » ont évoluées en réseaux (son inventeur, Charles W. Bachmann), en base de données relationnelles (Edgar Frank Codd), puis en modes orientés objet, semi-structuré, multimédia, décisionnel, etc. Bref, les fameuses BDE (Borland Database Engine) ou les plus populaires logiciels dBase ont connu leurs heures de gloire. Aujourd’hui, on parle davantage de serveurs SQL contenant les bases appropriées ou MySQL pour les logiciels libres.
Google trend
Mais la plus grande révolution des bases de données, c’est bien Google qui l’a réalisée. Il y a dix ans deux étudiants de l’Université de Stanford, Larry Page et Sergey Brin, passaient pour des utopistes lorsqu’ils imaginaient un moteur de recherche qui analyserait les relations entre les bases de données de sites web. D’ailleurs, à l’époque, il a fallu qu’un des fondateurs de Sun Microsystems croie en eux en leur offrant cent mille dollars pour démarrer leur entreprise - baptisée alors Backrub - au nez et à la barbe des banques méfiantes. Alors que Google brasse aujourd’hui des milliards de pages sur des dizaines de milliers de serveurs, on peut se demander jusqu’où la recherche de données ira-t-elle ? Après Google actualités, alertes, annuaire, blogger, earth et on en passe, voici que le géant des moteurs vient de créer Google trend. Il s’agit d’un outil qui capte les mots les plus tapés dans la barre de recherche Google en fonction de pays ou de lieux. Et l’on est étonné du résultat. Par exemple, le mot « computer » est le plus employé au Pakistan et au Philippines, ou « ordinateur » en Tunisie et au Maroc.
Comme Oracle ?
Comme il y aura toujours davantage de sites internet à créer, des trillions de pages à voir et de recherches à réaliser, Google saura-t-il grossir aussi vite en fonction de cette demande ? « En Suisse, nous n’envisageons pas d’augmenter notre nombre de partenaires, qui est d’environ 400, mais d’en accroître la collaboration », me confiait récemment à Stuttgart Pier Paolo Battolla, responsable du recrutement et du développement du réseau partenaire au sein d’Oracle Suisse. Implicitement, le groupe californien, fondé vingt ans avant Google, choisit la qualité plutôt que la quantité. Mais dans vingt ans, le géant de la recherche de données aura-t-il la même philosophie ? Ce que je souhaiterais pour ce moment-là, c’est que Google puisse - par recoupement de sites internet et de recherches encore plus intelligentes - aider la police à piéger les cybercriminels, les pédophiles et les terroristes. Mais qui sait, au train où va le développement, peut-être que mon vœu sera exhaussé bien avant. [Delémont, 5 juin 2006, rke]

IBCom 15 juin 2006
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