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30 ans après l’atterrissage de l’homme sur la Lune
Juteux marché spatial

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Les firmes sur internet

Les investissements de la Confédération pour l’ESA rapportent deux fois plus de contrats spatiaux à une trentaine d’entreprises suisses, surtout des PME. Etat actuel de ce marché juteux.

On est bien loin de l’atterrissage de l’homme sur la Lune, le 21 juillet 1969. Mis à part l’invention helvétique du Velcro - utilisé pour les poches des scaphandres des astronautes sur la Lune - et la miniaturisation des composants électroniques qui a engendré la révolution informatique, il serait laborieux de quantifier les retombées exactes de la conquête spatiale.

Toutefois, même si notre pays ne fait pas partie de l ‘Europe, il n’a pas manqué son intégration au sein d’une puissance spatiale pour en faire bénéficier son industrie. 

Depuis 1975, la Suisse est membre actif et de plein droit de l’Agence spatiale européenne (ESA) et finance le 3% de son budget de 4,2 milliards de francs.

Cela représente bon an mal an pour notre pays, un investissement de quelque 116 millions de francs, sachant, bien entendu que l’argent palcé n’est pas dilapidé.

D’abord se sont les universités, les instituts de recherches et nos sages savants qui en bénéficient en faisant voler leurs expériences sur des missions sur orbite. C’est le cas notamment pour le Dr. Augusto Cogoli de l’EPFZ qui avait proposé une expérience biologique suisse à bord de la navette spatiale Challenger en 1985. A l’aide du sang des astronautes prélevés dans l’espace, il a pu confirmer sa thèse selon laquelle il est possible de maintenir des cellules en vie en micro gravité en vue de créer des substances pour la fabrication de nouveaux vaccins.

En outre, notre pays s’offre ainsi les moyens de participer aux programmes d’observation de la Terre, de recherche en micro-gravité ( physiologie humaine et biologie cellulaire ), de lanceurs habités ou non, de télécommunications, de navigation, etc…

6 cafés par tête d’habitant

En somme, les montants investis par la Confédération correspondent au prix de 6 cafés crème par an et par tête d’habitant ou au coût de construction de 1 km d’autoroute. Il y a dix ans, chaque franc versé rapportait 75 centimes en retour de commandes industrielles. En l'an 2000, selon les calculs de la Commission fédérale pour les affaires spatiales, chaque franc dépensé rapportera carrément le double de commandes pour l’industrie. 

De surcroît, il ne faut pas oublier non plus les retombées publicitaires occasionnées par la présence à la NASA de notre astronaute Claude Nicollier et par ses vols dans l’espace.

Parmi les quelque trente sociétés se partageant le gâteau des commandes spatiales, la firme bien connue d’Oerlikon-Contraves, division d'Oerlikon-Bührle à Zurich, se taille évidemment la part du lion. C'est elle qui a notamment réalisé la coiffe d'Ariane-5, une gigantesque ogive creuse de près de 13 mètres de haut protégeant les charges de la fusée lors de la montée en orbite. Cependant, près de la moitié du volume des commandes attribuée à cette firme est acheminée vers des sous-traitants et d’autres  fournisseurs suisses.

La Compagnie Industrielle Radio-électrique à Gals (BE) grignote une bonne part de ce marché car elle participe depuis 1965 déjà à des projets pour la mise au point de systèmes de gestions de données embarqué sur des laboratoires tels Spacelab, Meteosat, ERS, Olympus, Skynet 4, Ariane, Envisat, etc.

D’autre part, le projet Prodex favorise le transfert de technologies entre les instituts universitaires et l’industrie grâce à des idées conjointes. Ce qui fait profiter d’autres sociétés industrielelles ( voir tableau ci-contre), notamment le Centre Suisse de d’Electronique et de Microtechnique (CSEM).

Politique spatiale

Comme c’est le cas dans d’autres pays, la Suisse n’a pas d’agence spatiale nationale ce qui rend la structure de coopération quelque peu complexe.

Outre son engagement financier avec l’ESA, la Confédération participe également aux organisations pour l’exploitation des satellites météo européens EUMETSAT et de télécommunications EUTELSAT/INTELSAT. 

La politique spatiale de notre est définie par le Conseil fédéral sur les recommandations de la commission fédérale des affaires spatiales (CFAS), forte de vingt membres. Un bureau des affaires spatiales (Swiss Space Office, SSO) a été mis en place à la rue Hallwylstrasse 4 à Berne ( tél. 031 / 324 1074 ). Dirigé par Peter Creola,  délégué aux Affaires spatiales, cet office renseigne sur la participation de notre pays à la recherche spatiale.

Vibro-Meter SA à fribourg :
Capteurs pour le moteur Vulcain d’Ariane 5

Vibro-Meter SA à Fribourg développe la majeure partie de ses activités dans le domaine aéro-spatial. Cette firme propose notamment des systèmes à courant Foucault pour la mesure de la vitesse de rotation des satellites ainsi que des capteurs de pression/positionnement/déplacement, devant fonctionner dans des environnements extrêmes, des températures allant de -253°C. jusqu'à 780°C. avec des pressions pouvant atteindre 350 bar.
Ces instruments équipent actuellement, le moteur Vulcain de la fusée Ariane 5.
(msm, 31.1.2000)
Roland Keller


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