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Le nouveau job de Claude Nicollier
Après trois années à la tête de la division robotique des vols habités, notre astronaute devient le spécialiste des sorties spatiales. En attendant un éventuel cinquième vol.

Après une année et demie d’entraînement et une sortie dans l’espace parfaitement réussie fin décembre dernier, Claude Nicollier sera prochainement incorporé dans une nouvelle division du bureau des astronautes. Son nouveau job consistera à évaluer les nouvelles procédures des sorties extra-véhiculaires (EVA) et à mettre à contribution sa longue expérience en la matière au profit des autres.

Cela signifie qu’il conserve toutes ses chances de revoler pour une cinquième mission. Néanmoins, la concurrence est vive. Une centaine de candidats, notamment les jeunes, attendent au portillon de la NASA pour recevoir un ticket pour l’espace. Malgré son expérience, Nicollier doit aussi franchir les étapes de sélection et il ne reste plus que lui et deux de ses collègues à être prétendant à un prochain vol de son niveau. Lors d’un récent passage à Berne, il a répondu à quelques une de nos questions :

Quand vous savez que vous partez dans l’espace, vous connaissez évidemment vos activités à la lettre, mais quelles sont elles actuellement dans l’attente d’un hypothétique retour dans l’espace ?

Après une mission, il y a toujours les « débriefings » comme par exemple un voyage en Suisse, mais à partir de mars ou début avril, je serai incorporé à la branche EVA du bureau des astronautes à Houston.

Entre les vols on travaille toujours dans des branches, des sortes de divisions du bureau des astronautes et on soutient les programmes relatifs à cette branche. J’étais par exemple chef de la branche robotique pendant trois ans entre mon avant dernier vol et mon dernier, c’est-à-dire entre la mission 75 et le début de l’entraînement pour le vol 103. Là, essentiellement avec des ingénieurs, nous nous occupions de la robotique de la navette et de la station spatiale internationale, pour le design des interfaces homme-machine.


Maintenant je serai incorporé dans la branche EVA, peut-être avec Steeve Smith ou John Grunsfeld (n.d.l.r : ses deux coéquipiers de son précédent vol spatial) ou avec les deux même. Le but est d’étudier tout le spectre des sorties extra-véhiculaires qui sont prévues pour la station spatiale et faire des essais en piscine afin d’évaluer de nouveaux outils et de nouvelles procédures. C’est une branche de soutien du  programme spatial qui n’est pas liée directement à une mission particulière ou plutôt à un ensemble d’interventions.

Cette nouvelle fonction, représente-t-elle un plus ?

Oui, c’est un plus, car cela permet de travailler avec des ingénieurs ainsi que des gens qui concoivent le design des outils, et d’avoir une connaissance plus approfondie du domaine en question. La sortie dans l’espace que j’ai réalisée était relativement nouvelle pour moi, j’ai acquis une bonne expérience parce que c’était un entraînement très intense pendant une année et demie, lequel a commencé, pour les membres de l’équipage et moi, milieu 1998. Ce domaine là m’est relativement familier et l’idée de m’incorporer dans cette branche consiste à mettre à profit cette expérience au service des autres.

Une fois dans l’espace, pensez-vous à Dieu ?

Pas plus que sur Terre. Les gens s’imaginent souvent que si on est dans l’espace on croit plus en Dieu car on est plus près du ciel et il subsiste toujours ce concept que Dieu n’est pas sur la Terre mais au ciel. Ce n’est pas le cas pour moi, car j’ai mes propres convictions qui restent inchangées même pendant mes vols spatiaux.Je vois plutôt un changement de ma vision sur la terre, sur l’humanité, sur notre place dans l’univers, notre passé, notre futur, mais pas tellement sur Dieu spécifiquement.

Le fait d’être allé plusieurs fois dans l’espace ne vous a-t-il pas augmenté votre foi ?

D’une manière ou d’une autre, non pas vraiment.

Parfois dans l’espace ou sur terre vous portez des lunettes, pourquoi ?

J’utilise des lunettes seulement pour lire et me permettre de voir les choses très près. Par exemple, pour l’indication de gaz carbonique trop élevée, les lunettes peuvent m’aider à voir correctement les relevés. Vous savez, avec l’âge, ça m’est difficile de lire quand les conditions d’illumination ne sont pas très favorables.
(Berne, le 14 février 2000)

Propos recueillis par
Roland Keller

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