|
Format texte |
|
Les
incendies de forêts et les ravages de Lothar observés au peigne
fin. |
| Par
Roland Keller Rédigé le: 12.6.2000 Publié le: 20.7.2000 |
| Pour
mieux gérer les images spatiales et accroître l’intervention en cas
de catastrophes terrestres, l’Europe se dote de REMSAT, un nouveau réseau
intégré de satellites.
Autrefois, il fallait attendre bien longtemps, voire trop longtemps, pour pouvoir bénéficier d’informations en provenance de l’espace, lors de catastrophe naturelles ( inondations, tremblements de terre, éruptions volcaniques, incendies de forêts, tempêtes tropicales, etc.) Depuis le 22 juillet 1999, ce fossé entre la technologie spatiale et l’intervention rapide sur les lieux de catastrophe est comblé et a déjà fait ses preuves. Dans le cadre de l’Initiative de gestion des situations d’urgence en temps réel par satellite (REMSAT), chapeauté par l’Agence spatiale européenne (ESA), un lien plus direct existe désormais entre l’espace et les terminaux portatifs des pompiers. REMSAT repose sur l’utilisation intégrée de satellites de télécommunications, d’observation de la Terre (ERS et Spot) et de navigation (GPS). Ce système assure de meilleures liaisons entre les brigades de feu sur le terrain et les services responsables de la lutte anti-incendie. Il fournit également des données d’images fixes et vidéo ainsi que des repérages géographiques allant jusqu’à la détection de foyer d’incendies. L’inventaire de tremblements de terre « La gestion d’un incendie de grande ampleur est une affaire très complexe, déclare Emmanuel Rammos, responsable de ce projet à l’ESA. Elle mobilise un grand nombre d’acteurs différents des services d’urgence, qui doivent agir de façon planifiée et disposer d’informations pertinentes. REMSAT a un rôle à jouer aussi bien avant, pendant qu’après l’incendie, qu’il s’agisse de recueillir des informations, d’aider les services de lutte anti-incendie à gérer la situation ou d’évaluer les dommages. » REMSAT a déjà suscité l’intérêt de plusieurs pays, même non européens, notamment de la Chine, de la Thaïlande et de l’Argentine. Le système avait été mis en pratique lors du tremblement de terre d’août 1999 en Turquie, des inondations de novembre 1999 dans l’Aude, de la marée noire en Atlantique en décembre et des pluies torrentielles au Vénézuela. Les 13 et 14 mai de cette année, des performances plus élaborées de REMSAT ont été testées près de la petite ville de Squamish, en plein cœur de la forêt de Colombie britannique. L’exercice a consisté à simuler une séquence prédéfinie d’événements fondés sur un incendie réel pour vérifier l’efficacité du système dans la lutte anti-incendie. Cet été, pendant la saison des feux de forêt, REMSAT sera testé pour la première fois en situation réelle à Lillooet, au Canada. Les dégâts de Lothar vus du ciel REMSAT œuvre également au repérage des zones forestières dévastées par l’ouragan Lothar, en décembre 1999. Grâce à cinq satellites d’observation de la Terre ( deux ERS et trois SPOT) installés sur orbite à quelque 800 km d’altitude depuis plus de quinze ans déjà, des images sont quotidiennement recueillies. Ces engins expédient au sol leurs données radars et leurs images numérisées. Les informations ainsi acquises, comparées à des images d’archive, aident à l’évaluation des pertes subies : « La combinaison un peu complexe des photos optiques et des images radars donnent d’assez bons résultats. Par exemple la reconnaissance des bois tombés et mieux définie qu’avec des prises de vues aériennes », explique un ingénieur de la société Spot Images. |
Cette
dernière assure l’accès payant à ces photos spéciales à tous les
pays, mais seule la France profite de ces informations, grâce à un
programme conduit par la Direction des espaces ruraux et de la forêt
ainsi que par le Ministère de l’agriculture et de la pêche.
Mesures fédérales Bien que n’importe quel organisme privé ou professionnel puis déjà bénéficier des services de REMSAT en Suisse, grâce aux images optiques et radars ERS/SPOT obtenues chez Spot image, notre pays n’a, pour l’instant, pas encore fait appel à ce service. Le 26 décembre 1999, l'ouragan Lothar a renversé 13 millions de mètres cubes de bois en Suisse, causant ainsi des dégâts d'une ampleur sans précédent. Le Conseil fédéral a préparé une série de mesures. Il entend ainsi mettre à disposition une somme de 483 millions de francs pour les forêts ainsi que 90 millions pour des mesures dans d'autres domaines (par ex. Energie 2000+, chemins de fers, arbres fruitiers). Les mesures prévues pour les forêts sont destinées en premier lieu à protéger les peuplements forestiers encore intacts contre les dégâts secondaires, à reconstruire les surfaces dévastées et à empêcher l'effondrement du marché du bois. (encadré) Commandez
vos images La firme française Spot Image commercialise depuis 1986, plus de 7,5 millions de données d'observation de la Terre provenant des satellites de télédétection optiques SPOT-LANDSAT ou radar ERS. Cette imagerie satellitaire peut être utilisée pour la cartographie ou la gestion de la végétation. La gamme de produits vendus répond à des applications très variées : agriculture, cartographie, cadastre, environnement, planification urbaine, télécommunications, surveillance, forêts, occupation des sols, risques naturels (inondation, gestion des risques), gestion des ressources en eau et des ressources naturelles, exploration de gisements de gaz et de pétrole, géologie, génie civil, etc Des photos sur papier (environ 400 francs suisses) aux images les plus sophistiquées en mode spectral (panchromatique P, multispectral Xs et Xi, pour les spécialistes), peuvent être commandées. Spot image peut même programmer le passage du satellite sur votre région pour obtenir la vue désirée. Coût moyen d’une telle photo 4'500 francs suisses.
Les sites internet de Lothar
|
|
[format publié] [index] |
|
|
![]() |
|