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paralympiques de Sydney Emotions fortes a Rushcutters Bay Rédigé le: 29 octobre 2000, Delémont Publié le : 1er décembre 2000, Nautisme Romand De Sydney, Roland Keller [index] |
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Beaucoup
d’émotion aux Jeux paralympiques de Sydney pour les navigateurs
suisses. Même s’ils rentrent sans médaille, ils ont glané une expérience
prometteuse. Récit de leurs péripéties dans la célèbre Rushcutters
Bay.
L’été n’est plus très loin. La brise matinale rafraîchit un climat doux et enivrant.Les parfums océaniques viennent chatouiller les narines. Au port, les voiliers immobiles attendent leur heure. Nous
sommes en Australie, à Rushcutters Bay – l’une des anses les plus réputées
de Sydney – pour assister au dernier jour de compétition des 11”
3eux paralympiques de voile. Cette longue crique s’étend à perte de
vue, bordée de collines, sur lesquelles quelques immeubles et de
somptueuses villas captent le soleil matinal. Au loin, comme si elle était
peinte sur une toile, la ville. Avec ses tours, son pont – le Harbour
Bridge – qui arbore encore les cinq anneaux olympiques, et le fameux
opéra, couleur crème, en forme de conque marine. Dix heures du matin
à la cantine de Darling Harbour, Philippe Moerch, skipper, boit son café.
Il étudie le bulletin météo de la journée en présence du reste de
l’équipe. Le vent de 30 nœuds annoncé pour ce dernier jour n’en-
chante personne. La compétition de voile paralympique a débuté le 18
octobre et compte neuf manches. Jusqu’à aujourd’hui, l’équipage
ne s’est pas trop mal débrouillé. Mais dès le début, les
navigateurs suisses ont été surpris. A chaque régate, ils négocient
bien les premières bouées, pour perdre ensuite du terrain sur les
bords de portant. En 1996, aux Jeux paralympiques d’Atlanta, alors que
la voile était encore une discipline de démonstration, les Suisses
avaient réussi un cinquième rang prometteur. Cette année à Sydney,
après huit manches, l’équipage helvétique est déçu. Il occupe le
douzième rang au classement général sur quinze voiliers en lice. «
Nous avons dû lutter dans des vents irréguliers, difficiles à
comprendre et que nous avons parfois mal négociés, explique le
skipper. De plus nous courons avec des handicaps plus lourds que ceux de
certains de nos concurrents ». Précisons que plus le vent est fort,
plus les concurrents peinent à compenser leur handicap et à utiliser
leur énergie pour faire marcher le bateau. Des difficultés, l’équipe
en a rencontrées dès le début. Le team actuel s’est en effet monté
de justesse. Le nouveau règle- ment de classification handicap
n’ayant pas autorisé Peter Muersel et Philippe Rosset, tous deux
candidats de l’équipe suis- se de voile, à se présenter aux Jeux.
Il a fallu les remplacer à la dernière minute. C’est ainsi qu’Anne
Othenin-Girard a décroché sa sélection. Néophyte de la régate
internationale, elle a dû s’investir à fond pour relever le défi. Chahutés par le clapot et un vent de 30 noeuds Tout est paré ! Moerch, Girard et Scherler, habiles, se glissent sans mal à bord du Sonar – l’une des deux séries paralympiques de voile. Les Australiens, les Allemands, les Canadiens et les autres sont déjà loin quand les Suisses quittent Darling Harbour. Un parcours en « banane » d’un demi-milles qui comporte trois tours les attend au large. Anne au rappel, Georges au foc, Philippe aux commandes, chacun se concentre. La manche se déroule sans incident. Le bateau suisse franchit fière- ment la ligne d’arrivée aux côtés du voilier américain. Résultats : dixièmes. Chahutés par le clapot et un vent de 30 nœuds, il faut le faire ! Retour au bercail. ©
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Le
Sonar accoste au ponton, les voiles déjà en partie affalées. Philippe
Moerch a l’habitude. Il pose son bras gauche sur le pont, et grâce à
un vigoureux coup de reins, il s’asseoit sur sa chaise roulante. Ses
coéquipiers le rejoignent de la même manière. Une telle démonstration
de navigation, d’habilité et de détermination aurait mérité à
elle seule une médaille... Et voilà déjà la cérémonie de clôture.
Les Jeux paralympiques se terminent en apothéose dans le stade de
Sydney en présence de 120 000 spectateurs. Anne, Georges et Philippe
sont émus. Tous les trois, ils ont participé à de fabuleux Jeux
paralympiques. Ils s’en souviendront toujours, et ça, ça compte
aussi.
Deux nouveaux bateaux pour Athènes en 2004 Philippe Durr, avec 35 ans de compétition de voile derrière lui, et des titres – dont six mon- diaux- à ne plus savoir qu’en faire, s’est lancé dans l’aventure des Jeux paralympiques grâce à Georges Scherler: « II y a deux ans Georges m’a demandé de lui donner un coup de main pour se qualifier aux Jeux de Sydney. Nous avons amélioré le bateau, acquis des voiles neuves et surtout beaucoup navigué. Les Championnats du monde de Cadix étaient déterminants pour cette sélection olympique et l’équipe suisse a obtenu son ticket grâce à une troisième place. » De fil en aiguille, Philippe Durr est devenu le coach de l’équipe. Il dresse un bilan plutôt positif de cette expérience australienne: « Ce fut une belle aventure, mais nous savions qu’avec ce bateau et le peu de temps que nous avons eu pour nous entraîner, il serait difficile de faire de grandes performances. Mais nous avons tous acquis beaucoup d’expérience et nous allons l’utiliser pour préparer les Jeux d’Athènes en 2004. » Dans cette optique, la formation d’un second équipage est en phase préparatoire. « Nous avons préparé un dossier financier pour trouver des sponsors en vue d’ache- ter deux Sonar neufs. Cela permettrait d’entraîner deux équipages en conditions de course et de comparer les réglages, afin d’améliorer les performances. » Avis aux amateurs ! Quant aux actuels membres d’équipage Philippe Moerch et Georges Scherler, « ils ont déjà participé à deux Olympiades. Et il est un peu tôt pour savoir s’ils comptent poursuivre l’expérience. Mais nous comptons sur eux pour préparer et encourager les nouveaux équipiers qui auront besoin de leur expérience! » EN BREF Jeux
paralympiques L’équipe
suisse Classement Le
Sonar Handicap |
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