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Un enfant de Saignelégier patron d’une PME de haute gamme

Max Schweizer, l'horloger
Franc-Montagnard de Sydney

Rédigé le: Samedi 18 novembre 2000
Publié le: Mardi 21 novembre 2000
Par Roland Keller  [index]

Max Schweizer de Saignelégier est le patron d’une petite entreprise de haute gamme sise au cœur de Sydney. Il est devenu l’un des rares agent officiel australien d’une quinzaine de marques horlogères suisses de renom dont il assure le service après vente. Il répare des montres de joaillerie mécaniques et automatiques les plus prestigieuses. Rencontre.

Égarée entre les palmiers et les orangers de la dense banlieue de Sydney, quelque part de l’autre côté du «Harbor Bridge», la résidence de Max Schweizer ressemble étrangement à l’un des chalets bien de chez nous. L’odeur des herbes que ce Franc-Montagnard cultive dans son jardin-potager, mêlée à une chaude brise parcourant le quartier italien qu’il habite, enfle les narines et ouvre l’appétit. Un curieux poisson australien aussi plat qu’une feuille de papier mais consistant, attend l’heure d’être dégusté. Le repas de midi, servit comme de coutume tard chez les Australiens, est épicé et raffiné. On mange bien chez les Schweizer comme partout ailleurs, même dans les centaines de «Chich Ke Bab» turcs implantés dans les rues de Sydney.

Ses poules et son premier job

L’heure du thé et de ses saveurs enivrantes approche et nous dévoile un Jurassien qui est resté fidèle à lui-même. Depuis si longtemps qu’il a quitté sa terre natale, Max a un peu perdu de son accent Jurassien mais a conservé un certain art de vivre. Il est l’un des rares émigrés à élever des poules dans le petit  coin de son jardin d’Eden. Et on le comprend.

Né le 15 décembre 1945 à Saignelégier dans une famille de paysan dans un domaine de 450 hectares sis «Sous la Neuve Vie» près de l’étang de la Gruère, Max Schweizer entame sa scolarité dans la capitale Franc-Montagnarde jusqu’en 5ème année. Il effectue ensuite une année à Roggwil (BE) puis revient terminer sa scolarité à l’Ecole secondaire de Saignelégier. De 16 à 20 ans, il entame son apprentissage d’horloger chez Tigra à Tramelan, puis, diplôme en poche, continue des études au Technicum de St-Imier pour devenir horloger-rhabilleur. Son recrutement militaire, Max l’accomplit  à l’école d’artillerie à Sion comme chauffeur, puis il entame son premier job chez Eterna à Granges comme formateur des stagiaires horlogers.

Expérience africaine

Mais le goût de grand large, Max Schweizer, l’avait depuis toujours: « Dès ma jeune enfance, je présentais que j’étais prédestiné à m’expatrier, mais je ne savais pas quand. J’ai beaucoup prié pour que mon souhait se réalise», note-t-il. Son vœu est comblé lorsqu’à 22 ans, Eterna lui propose un travail à Nairobi (Kenya) pour former les jeunes à l’horlogerie puis Rolex lui propose de tenir un centre de formation d’horlogerie-rhabillage au Caire. Après quatorze ans d’expérience africaine où Max rencontre sa future femme, l’envie de changement le reprend. Le pays des kangourous l’attire plus que tout autre: « 

A l’âge 36 ans, en 1983, cela n’a pas été une mince affaire de venir s’établir à Sydney surtout qu’à l’époque l’économie australienne allait très mal et que mes deux enfants de 6 ans et 3 ans étaient bas âge. J’aurais pu accepter un poste à responsabilités dans l’horlogerie  à Hong Kong plus sûr et plus lucratif, mais j’ai préféré l’Australie de part son climat et l’accueil ouvert de la population.»

Solide réputation

Max Schweizer, commence alors à faire du porte à porte dans les entreprises:  « Souvent on me rabâchais que j’étais trop qualifié, mais j’insistais pour qu’on m’offre ma chance pour n’importe quel boulot ». Vœu à nouveau exhaussé. Max Schweizer est engagé pendant près de dix ans au service après vente de deux grandes marques horlogères.

Il y a quelques mois, il vient de s’établir à son propre compte et à ouvert, au Centre de Sydney, sa propre entreprise de réparation de montres de joaillerie mécaniques et automatiques. Il est devenu l’un des rares agent officiel pour le service après vente d’une quinzaine de marques de renom: « Nous réparons une centaine de montres par mois, des pièces mécaniques et automatiques de luxe et il y a suffisamment de travail pour un horloger qualifié, un apprenti et de mon épouse, précise-t-il. Pour ma part je m’occupe surtout du service à la clientèle ». L’entreprise tourne rondement, car, d’une part il n’y a pas de vive concurrence, d’autre part Max Schweizer s’est taillé une solide réputation dans la région et dans le milieu horloger de haute gamme.

S’il fallait encore le décrire, disons que Max est aussi méticuleux que les anciennes horloges qu’il collectionne fièrement dans sa résidence. Aussi svelte qu’à vint ans, ce quinquagénaire bien conservé et flegmatique a l’air d’un prof bien rangé. Mais son regard lucide et  son langage éloquent dévoilent un type sûr de lui. Un homme franc, un vrai montagnard quoi, qui a su déplacer sa foi jusqu’au pays des koalas.

Identité d’entreprise

Entreprise: Max Schweizer Swiss Watch Service
Employés: 4 personnes
Agent officiel pour: Piaget, Patek Philippe, Baume&Mercier, Vacheron Constantin, Tiffany & Co., Bvalgari, Raymond Weil Genève, Christian Dior, IWC Watch co., Breitling, Hermes, Favre Leuba, NinaRicci, Bovet et Bally.
Adresse: 375, George Street, 3rd Floor, Sydney
Tél.: 0061 2 9290 1469

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