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Hausse constante du transport de marchandises dans les airs

Le fret aérien n'a rien à craindre de la crise pétrolière
Eclairage

Par Roland Keller via le réseau de l'ATS (Berne), le 13 octobre 2000

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Le marché du transport aérien de marchandises n'a pas souffert de la flambée des prix du pétrole. Les transitaires sont unanimes pour reconnaître que le fret, bien ancré aussi bien en Suisse que dans le monde, progresse constamment.

Quelque 150 transitaires se partagent le gâteau du transport de marchandises routier, maritime ou aérien et ce dernier a subi une augmentation linéaire de 25 centimes par kilos transportés. Pour Fred Oetiker, responsable de Panalpina à Genève, cette hausse n'a pas influencé la marche des affaires de son groupe, leader sur le marché helvétique.

De même qu'elle n'a pas non plus empêché la progression de Belsped, crée il y a treize ans et qui figure au 7e rang du classement de l'Association internationale du transport aérien (IATA) des transitaires.

"Ces hausses ne peuvent être que répercutées à nos clients qui les rajoutent sur les prix de base de leur marchandise", explique Rémy Saner, responsable de la filiale Belsped à Moutier.

Les transporteurs routiers ont en revanche plus à craindre ces augmentations. Ils ne parviennent en effet pas tous à convaincre leur clientèle, laquelle comprend plus facilement qu'il faut payer un supplément pour expédier la marchandise par les airs.

Complémentarité

Les transitaires aériens ne craignent pas non plus la concurrence: "Dans notre métier nous sommes avant tout confrère", relève M. Saner. "Nous utilisons les capacités de transports disponibles des uns pour les mettre à profit des autres".

Même si la concurrence est omniprésente, elle favorise avant tout le service de qualité avant d'inciter à la méfiance. Le numéro un du fret aérien, Panalpina, n'en pense pas moins: "Notre entreprise doit son succès à une politique complémentaire de nos concurrents.

Contrairement à eux, nous organisons nos propres affrètements auprès d'une compagnie cargo avant de livrer des palettes entières aux compagnies aériennes", précise Fred Oetiker. L'ensemble des transitaires ont su aussi tirer parti de la crise économique.

"Eclosion des compagnies porte à porte"

Selon M. Saner, la nouvelle "mentalité" de production des entreprises en général (stock zéro, délais très courts, quantités minimales, fabrication sur commande, etc.) a même favorisé l'expansion du transport aérien de marchandises.

"On voit même des unités de fabrication industrielles complètes, nécessitant la location de monstres aériens tels que les Antonov, prendre les airs au détriment d'un acheminement maritime classique, en raison du gain de productivité sur les temps d'acheminement très court de l'avion.

Ces nouvelles habitudes ont également favorisé l'éclosion et l'explosion de transporteurs appelés "intégrateurs" tels que DHL, UPS ou FEDEX. Ces compagnies assurent en effet une prestation porte à porte qui va de l'enlèvement du colis chez le producteur jusqu'à la livraison chez le destinataire final", remarque-t-il.

Belsped, par ailleurs agent UPS et FEDEX pour la Suisse, offre un service direct dont le fret aérien constitue la majeure partie de son chiffre d'affaires. Mais la filiale jurassienne, implantée à Moutier depuis trois ans, est la seule section du groupe à pouvoir organiser aussi des transports maritimes et terrestres, sans avoir à sous-traiter ses prestations chez un autre transitaire.

Transport de matières dangereuses

"Nous occupons des postes régionaux ou chaque unité tant à Fribourg, La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel ou Moutier sont des centres de profit tout à fait indépendant ayant un statut de franchisé à l'écoute de leurs clients", relève M. Saner.

Pour Bernard Fourques, responsable du centre de formation "Air Consult" à Genève, le transport de matières dangereuses (produits de luxe, parfums, explosifs, corrosifs, comburants, toxiques et gaz), ne cesse d'augmenter: "Grâce à une chaîne de sécurité ainsi qu'à une formation croissante, du producteur jusqu'au destinataire, ce mode de transport pourra se réaliser sans risques pour la sécurité des passagers."

Panalpina:
l'abandon du fret à Cointrin

Le développement du marché du fret aérien en Suisse est quasiment le même que dans le reste du monde. Il progresse chaque année entre 10 à 15 %, relève Fred Oetiker, de Panalpina. Ce dernier s'inquiète néanmoins du sort de la Suisse romande.

Ses inquiétudes résultent non pas de la progression de la Suisse romande sur le marché, identique au reste du pays, mais de l'acheminement du fret des autres compagnies vers l'aéroport de Genève-Cointrin. Ce dernier semble en effet ne pas disposer d'entrepôts suffisamment grands pour satisfaire le besoin des grands transitaires.

"Nous avons retiré notre fret de Genève pour le transférer via Zurich et cela nous suffit. Seul subsiste à Genève un entrepôt à 2 km de l'aéroport. Du reste, peu importe l'endroit du moment que le fret est silencieux. L'amener à Zurich, Francfort ou au Luxembourg revient au même", conclu-t-il.


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